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2. Chap. ix, 1 — x, 13 : a) L’Apôtre prouve ce principe général par sa conduite en un point particulier. Après avoir revendiqué ses droits d’Apôtre de vivre de l’Évangile (1-14), il expose pourquoi il a renoncé à s’en prévaloir (15-23). Exhortation à imiter son exemple (24-27). — b) Il confirme son argumentation par l’exposition allégorique de la sortie d’Égypte (x, 1-13).
Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? N’êtes-vous pas mon ouvrage dans le Seigneur ?* Si pour d’autres je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous, car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. Voilà ma réponse à mes détracteurs. N’avons-nous pas le droit de manger et de boire ? N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur, comme font les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? Ou bien sommes-nous les seuls, Barnabé et moi, qui n’ayons pas le droit de ne pas travailler ? Qui jamais a porté les armes à ses propres frais ? Qui est-ce qui plante une vigne pour n’en pas manger le fruit ? Qui est-ce qui fait paître un troupeau, sans se nourrir de son lait ? Est-ce selon l’homme que je dis ces choses, et la Loi ne les dit-elle pas aussi ? Car il est écrit dans la loi de Moïse : « Tu ne muselleras pas la bouche du bœuf qui foule le grain. » Dieu se met-il en peine des bœufs ?§ 10 N’est-ce pas absolument à cause de nous qu’il parle ainsi ? Oui, c’est à cause de nous que cela a été écrit ; celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain doit le fouler dans l’espérance d’y avoir part. 11 Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une si grosse affaire que nous moissonnions de vos biens matériels ? 12 Si d’autres usent de ce droit sur vous, pourquoi pas plutôt nous-mêmes ! Cependant nous n’avons pas usé de ce droit ; mais nous supportons tout, afin de ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ. 13 Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées vivent du temple, et que ceux qui servent à l’autel ont part à l’autel ?* 14 De même aussi le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile. 15 Pour moi, je n’ai fait valoir aucun de ces droits, et ce n’est pas afin de les réclamer en ma faveur que j’écris ceci : il me vaudrait mieux mourir que de me laisser enlever ce titre de gloire. 16 Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi une gloire, c’est une obligation qui m’incombe, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! 17 Si je le faisais de mon propre gré, je mériterais une récompense ; mais je le fais par ordre, alors c’est une charge qui m’est confiée. 18 Quelle est donc ma récompense ? C’est que prêchant l’Évangile je l’offre gratuitement, sans user de mon droit de prédicateur de l’Évangile. 19 Car, quoique libre à l’égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous, afin d’en gagner un plus grand nombre. 20 Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; 21 avec ceux qui sont sous la Loi, comme si j’étais sous la Loi (quoique je ne sois pas assujetti à la Loi), afin de gagner ceux qui sont sous la Loi ; avec ceux qui sont sans la loi, comme si j’étais sans la loi, (quoique je ne sois pas sans la loi de Dieu, étant sous la loi du Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. 22 Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin de les sauver tous. 23 Je fais tout à cause de l’Évangile, afin d’y avoir part. 24 Ne le savez-vous pas ? Dans les courses du stade, tous courent, mais un seul emporte le prix. Courez de même, afin de le remporter. 25 Quiconque veut lutter, s’abstient de tout : eux pour une couronne périssable ; nous, pour une impérissable.§ 26 Pour moi, je cours de même, non comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. 27 Mais je traite durement* mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé.
* 9:1 IX, 1. Vu Jésus (Vulg., le Christ Jésus) : c’était la condition indispensable pour être apôtre (Act. i, 15-22 : comp. Act. ix, 17 ; xviii, 9 ; xxii, 17 sv. ; xxvi, 15 sv. ; II Cor. xii, 1). 9:5 5. Une sœur ; litt. une femme sœur, une chrétienne (comp. viri fratres, chrétiens. Act. xv, 17). S. Paul n’avait jamais été marié, (vii, 7). 9:6 6. De ne pas travailler ? Dans plusieurs de ses lettres, S. Paul nous apprend qu’il travaillait de ses mains pour n’être pas à charge aux communautés (I Thess. ii, 6-10 ; II Thess. iii, 8 sv.). Vulg., le droit d’agir ainsi, de vivre de l’Évangile. § 9:9 9. Deut. xxv, 4. * 9:13 13. Vulg. qui travaillent dans le temple. 9:21 21. Qui sont sans la loi, les païens (Rom. ii, 12, 14). 9:24 24. Le stade désignait chez les Grecs l’espace consacré aux exercices de la course ; il y avait des prix et des couronnes pour les vainqueurs. § 9:25 25. S’abstient de tout : Les athlètes qui, dans les jeux publics, disputaient le prix de la course, de la lutte, du pugilat, etc., se soumettaient à un régime sévère, évitant tout ce qui pouvait nuire à la vigueur et à la souplesse du corps. * 9:27 27. Je traite durement. Le verbe grec signifie litt. meurtrir d’un coup de poing. Quelques manuscrits, suivis par la Vulgate, lisent ὑποπιάζω, je châtie, j’afflige. — Réprouvé, exclu de la récompense, ayant manqué l’épreuve.